Skip to main content

Konstantinos Chortis : le poids psychologique d'une maladie chronique

J'ai réussi à mener une vie normale et épanouissante. Mais même si j'ai survécu, et même si j'ai parfois connu des moments de prospérité, le prix psychologique que nous avons payé en tant que famille était incalculable.
23 juin 2026

Partager cette histoire

Konstantinos Chortis : le poids psychologique d'une maladie chronique

Mon histoire

À ma naissance, rien ne laissait présager de quoi que ce soit d’inquiétant ; aucun symptôme, juste un bébé en bonne santé. Quelle joie j’ai apportée à mes parents – j’étais leur premier enfant. Mais très vite, tout le monde a compris que quelque chose n’allait pas. J’étais faible et en sous-poids, je n’avais aucun appétit, j’avais de la fièvre et j’étais essoufflée. J’ai été hospitalisée, où l’on m’a diagnostiqué une grave communication interventriculaire et une fente importante au niveau de ma valve mitrale.

 

Le parcours menant à l'intervention chirurgicale

On a conseillé à mes parents de se rendre à l’hôpital Royal Alexandra de Sydney pour rencontrer le meilleur chirurgien cardiaque du pays : le Dr Curtmill. Grand, roux et barbu. Après le cathétérisme (effrayant et douloureux, je dirais), le verdict était sans appel : soit on procédait à l’opération, qui offrait 50 % de chances de survie, soit le bébé mourrait à coup sûr. Mes parents étaient anéantis, mais ils n’avaient pas le choix. C’était en 1972. Les risques étaient énormes. Mais heureusement, j’ai survécu.

« Mes parents étaient anéantis, mais ils n'avaient pas le choix. C'était en 1972. Les risques étaient énormes. Mais heureusement, j'ai survécu. »

Réapparition des complications

Ce soulagement n’a pas duré longtemps. J’étais toujours faible et je ne prenais pas de poids. Après de nouveaux examens, le Dr Curtmill a informé mes parents que l’opération n’avait pas été un succès total, en raison d’une erreur dans le placement des points de suture. S’ensuivirent de nouveaux allers-retours, d’autres examens et un nouveau cathétérisme. Cette fois-ci, le résultat fut suffisamment concluant pour que nous soyons convaincus que je pourrais mener une vie normale et retourner en Grèce.

 

S'impliquer dans la vie locale

C'en était fini, pour un temps. Mais à l'âge de 26 ans, un nouveau problème est apparu : un bloc ventriculaire complet (de type III). On m'a implanté un stimulateur cardiaque, et la vie a continué. À la suite de cet incident, j'ai décidé de tirer parti de ma situation. Je me suis engagé auprès de la seule association que j'ai pu trouver à Athènes qui soit active dans le domaine des cardiopathies congénitales : l'Association panhellénique des cardiopathies. Je suis ensuite devenu président de cette même organisation.

« J'ai réussi à mener une vie normale et épanouissante depuis que j'ai reçu mon stimulateur cardiaque. Je me suis marié et je suis père de deux enfants. »

La vie aujourd’hui

J’ai réussi à mener une vie normale et épanouissante depuis que j’ai reçu mon premier stimulateur cardiaque. Je me suis marié et je suis père de deux enfants. Il y a un an, j’ai subi mon cinquième remplacement de stimulateur cardiaque. Mais même si j’ai survécu, et même si j’ai parfois connu des moments de plénitude, le prix psychologique que nous avons payé en tant que famille était incommensurable.

 

Les répercussions sur la santé mentale

Ma mère, en particulier, ne s'en est jamais vraiment remise. Elle souffre toujours d'une dépression majeure et fait des cauchemars ; elle a 81 ans et suit un traitement médicamenteux. Quant à moi ? Enfant, j'étais victime de harcèlement, parfois à l'extrême, à cause de ma santé manifestement fragile, de mon apparence (maigre, pâle, fragile, introverti) et parce que j'étais trop faible pour faire du sport et ce genre d'activités. J’ai développé très tôt une anxiété sociale, ainsi que des crises de panique ; je me comportais de manière maladroite et je me sentais isolé. À ce jour, je suis toujours sous traitement.

« Les répercussions sur notre santé mentale peuvent être considérables. Je l'ai constaté à maintes reprises. »

Ce n'est jamais simple

C’est la dure réalité pour beaucoup d’entre nous. L’impact sur notre santé mentale peut être énorme. Je l’ai constaté à maintes reprises. J’ai été heureuse pendant la majeure partie de mes 57 ans : j’ai réalisé bon nombre de mes souhaits et de mes désirs. Mais cela n’a jamais été ni simple ni facile. Je ne veux pas paraître pessimiste ; c’est simplement la réalité pour beaucoup d’entre nous.

 

Aie confiance en toi

La confiance en soi est essentielle, surtout pour les jeunes qui se retrouvent soudain confrontés à de grands défis et doivent s'adapter sans hésiter. Croyez-moi : abandonner n'est même pas une option.

Le rôle de la famille et des amis est déterminant, et leur soutien ne doit pas être sous-estimé. Mais lorsque la porte de ta chambre se referme derrière toi, tu es seul. Nous naissons dotés de l'instinct et de la force de survie, mais ceux-ci ne nous seront pas offerts sans persévérance ni confiance en nous-mêmes. Rien n'est facile et rien n'est acquis. Et c'est là toute la beauté de la chose.

« Nous naissons dotés de l'instinct et de la force de survie. Rien n'est facile et rien n'est acquis. Et c'est là toute la beauté de la chose. »

Il y a toujours de l'espoir

Aujourd'hui, je me tiens seule devant le miroir et je me dis qu'au final, tous ces efforts en valaient la peine. Après 57 ans de difficultés, de traumatismes, de dépression et de combats, je suis convaincue que ce parcours en valait vraiment la peine.

Peu m’importe ce qui se passera dans un avenir proche ou lointain. Ce qui compte, c’est que j’ai survécu et que j’ai connu des moments de bonheur et d’épanouissement authentiques et incontestables. Même face à des situations très complexes et graves, il y a aujourd’hui de l’espoir.

Nous aimerions connaître votre histoire de cœur

Nous aimons recevoir des nouvelles de notre réseau de patients et de leurs familles.